Passer d’un CDI au statut de consultant indépendant en portage salarial soulève immédiatement une question du montant réel sur votre compte en fin de mois. Entre chiffre d’affaires, frais de gestion, cotisations sociales et prélèvement à la source, le revenu net peut sembler difficile à estimer. Pourtant, avec une méthode claire et quelques repères, il est possible de simuler son salaire net en portage et de le comparer objectivement à celui d’un poste salarié classique. Les simulateurs en ligne, proposés par des acteurs spécialisés comme itg.fr, rendent cet exercice plus accessible, à condition de connaître la signification de chaque ligne de calcul.

Connaître le portage salarial avant de simuler son salaire net

Avant de se lancer dans une simulation de salaire, il est indispensable de bien savoir ce qu’implique réellement le portage salarial sur le plan juridique et pratique. Ce cadre particulier influence la manière dont le chiffre d’affaires est changé en rémunération et conditionne la lecture des résultats d’un simulateur.

La définition juridique du portage salarial selon le Code du travail

Depuis l’ordonnance de 2015, le portage salarial est reconnu comme une forme d’emploi à part entière. Le Code du travail le définit comme une relation tripartite entre un consultant autonome, une entreprise cliente et une société de portage qui agit en tant qu’employeur légal.

La société de portage facture la mission au client, encaisse le chiffre d’affaires puis le convertit en salaire après déduction des frais de gestion et des cotisations sociales. Le dispositif est encadré par une convention collective qui détermine notamment un revenu minimum, une réserve financière obligatoire et des garanties de paiement des salaires.

Les rôles respectifs du consultant porté, de la société de portage et du client

Le consultant porté reste responsable de la prospection, de la négociation des honoraires et de la réalisation des missions. Sur le plan commercial et opérationnel, il agit comme un indépendant et bénéficie d’un contrat de travail et d’un bulletin de paie.

La société de portage prend en charge l’administration : contrats, facturation, paie, cotisations sociales et assurances obligatoires. Le client, quant à lui, achète une prestation de services sans gérer de relation RH directe, ce qui conditionne le lien entre chiffre d’affaires facturé et salaire net perçu.

Les différences entre CDI classique, micro-entreprise et portage salarial

En CDI, le salarié raisonne principalement en salaire net, les charges patronales étant supportées par l’employeur. Le coût global du poste reste peu visible, ce qui rend parfois les comparaisons avec d’autres statuts délicates.

À l’inverse, en micro-entreprise, le travailleur facture ses clients et conserve un revenu après charges, avec une protection sociale plus limitée. Le portage salarial se situe entre ces deux modèles : le chiffre d’affaires est changé en salaire, avec une couverture sociale complète et une restitution nette généralement comprise entre 45 % et 55 % du CA HT.

Les profils concernés et usages les plus fréquents du portage salarial

Le portage salarial concerne principalement des profils experts et autonomes : consultants IT, ingénieurs, chefs de projet, formateurs, coachs ou spécialistes du marketing et de la data. Ces métiers se prêtent bien à la facturation à la mission ou au TJM.

Pour ces professionnels, le portage permet de démarrer rapidement une activité de conseil sans créer de structure juridique et de conserver la sécurité du statut salarié. Les niveaux de facturation pratiqués rendent possible un revenu net comparable, voire supérieur, à celui d’un CDI, à condition que la simulation soit construite sur des hypothèses réalistes.

Les variables importantes qui influencent le salaire net en portage salarial

Avant d’entrer dans une simulation chiffrée, il est indispensable d’identifier les paramètres qui changent un chiffre d’affaires facturé en salaire net réellement perçu. En portage salarial, la rémunération ne dépend pas d’un seul axe mais d’un ensemble de variables étroitement liées : niveau de facturation, volume de missions, structure de frais et mesures sociales. Une modification sur l’un de ces éléments peut avoir un effet notable sur le revenu final, parfois bien plus important qu’une hausse ponctuelle du TJM.

Taux journalier moyen (TJM) et volume de missions facturables

Le taux journalier moyen est le point de départ de toute simulation en portage salarial. Il correspond au montant facturé par jour de mission au client. En le multipliant par le nombre de jours effectivement facturés sur le mois, on obtient le chiffre d’affaires mensuel hors taxes.

La principale difficulté est l’estimation réaliste du nombre de jours facturables. Tous les jours travaillés ne sont pas vendus : prospection commerciale, gestion administrative, formation continue et congés viennent réduire le volume réellement facturé. Dans la pratique, de nombreux consultants surestiment ce paramètre en se basant sur un mois plein, alors qu’une moyenne comprise entre 14 et 18 jours facturés reflète mieux la réalité de l’activité, en particulier les premières années.

Le taux de frais de gestion des sociétés de portage

Les frais de gestion correspondent à la commission prélevée par la société de portage pour couvrir l’administration, la paie, les assurances et les services proposés. Ils varient généralement entre 5 % et 12 % du chiffre d’affaires HT, parfois avec des paliers dégressifs selon le volume facturé.

L’écart est important sur une année. passé le pourcentage affiché, il faut analyser ce que ces frais incluent réellement : accompagnement, réseau, services juridiques ou simples fonctions administratives.

La prise en charge des frais professionnels

Les frais professionnels sont un bon moyen d’améliorer le salaire net. On distingue les frais refacturables au client (déplacements, hébergement, matériel particulier) et les frais de fonctionnement non refacturables (coworking, téléphone, internet, matériel, formations).

Les frais refacturables sont remboursés hors cotisations et n’affectent pas la rémunération. Les frais de fonctionnement peuvent, sous conditions URSSAF, être déduits de l’assiette de cotisations. Bien paramétrés, ils pèsent généralement pour 10 à 15 % du CA et permettent d’augmenter sensiblement le net disponible dans une simulation.

Le poids des cotisations sociales

Le salarié porté bénéficie d’une protection sociale complète : maladie, retraite de base et complémentaire, chômage, prévoyance, formation. Cette couverture a un niveau de cotisations comparable à celui d’un salarié classique.

En pratique, après frais de gestion, environ la moitié du chiffre d’affaires HT est du salaire net avant impôt. Ce ratio dépend fortement du niveau de frais professionnels et, dans certains cas, des dispositifs d’épargne salariale prévus dans le contrat.

Formules de calcul et méthodologie pour simuler son salaire net en portage salarial

Pour simuler son salaire net en portage salarial, il faut suivre une méthodologie structurée. L’idée est de passer progressivement du chiffre d’affaires facturé au client jusqu’au revenu réellement disponible sur votre compte, en prenant en compte les frais de gestion, frais professionnels, charges sociales et prélèvement à la source. Cela permet de comparer avec un emploi traditionnel en CDI ou à d’autres statuts indépendants et de déterminer un TJM cohérent avec vos objectifs financiers.

Concevoir une base de facturation mensuelle à partir du TJM et des jours facturés

Commencez par estimer un chiffre d’affaires réaliste. Le calcul s’appuie sur le Taux Journalier Moyen et le nombre de jours facturables dans le mois. Il est indispensable de modéliser également des scénarios de haute et basse activité : certains mois pourront atteindre 18 jours facturés, alors que d’autres, en période de congés ou de prospection, tourneront plutôt autour de 12 à 14 jours. Une simulation annuelle moyenne donne une vision plus fiable que le simple meilleur mois.

L’application des frais de gestion et des frais professionnels

Après avoir estimé le chiffre d’affaires, les frais de gestion prélevés par la société de portage doivent être déduits. Ces frais couvrent l’administration, la paie, les assurances et les services proposés par la société et se situent généralement entre 5 % et 12 % du chiffre d’affaires HT.

Viennent ensuite les frais professionnels, qui peuvent être remboursés au titre de dépenses refacturables ou déduits de l’assiette des cotisations s’ils respectent les règles URSSAF. Les frais de coworking, abonnements ou déplacements non refacturables pèsent souvent entre 10 et 15 % du CA et permettent d’augmenter le net disponible.

La conversion du chiffre d’affaires en salaire brut puis en salaire net avant impôt

Une fois les frais déduits, le montant restant est le « compte d’activité » disponible pour financer le coût complet employeur, c’est-à-dire le salaire brut et les charges patronales. À partir de cette base, la société de portage applique un barème de charges pour déterminer le salaire brut, puis déduit les charges salariales afin d’obtenir le salaire net avant impôt. Ce calcul n’est qu’une approximation, mais il donne un premier ordre de grandeur avant d’utiliser un simulateur plus détaillé incluant congés, primes et réserve financière.

La prise en compte du prélèvement à la source

Depuis 2019, le prélèvement à la source s’applique au portage salarial de la même manière qu’à un CDI. Le taux transmis par l’administration fiscale est appliqué au net imposable figurant sur le bulletin. La distinction entre salaire net avant impôt et net après prélèvement est indispensable pour connaître le montant réellement disponible sur le compte et comparer le portage salarial à un CDI classique.

La simulation comparée avec un salaire net en CDI

Pour évaluer la pertinence du portage salarial, il faut le comparer à un salaire net en CDI. Cette comparaison permet de déterminer le chiffre d’affaires mensuel nécessaire et d’ajuster le TJM ou le nombre de jours facturables en conséquence. Ce type de projection aide à vérifier si vos tarifs et votre volume de missions sont compatibles avec le niveau de vie que vous souhaitez conserver.

Utiliser des simulateurs de salaire en portage salarial : fonctionnement, limites et conseils pratiques

Avant de se lancer dans une simulation, il faut savoir à quoi sert réellement un simulateur de salaire en portage salarial. Il ne s’agit pas seulement de connaître un chiffre net théorique, mais d’évaluer comment vos choix de TJM, vos jours facturables et vos frais professionnels se traduisent en revenu disponible. Utilisés correctement, les simulateurs donnent une vision claire du salaire net, aident à fixer un TJM cohérent et permettent de comparer différents scénarios avant de s’engager dans une société de portage.

Utilité des simulateurs en ligne

De nombreux acteurs du secteur proposent un simulateur de salaire en portage salarial. Ces plateformes permettent, en quelques clics, d’estimer un salaire net à partir d’un TJM et d’un nombre de jours facturés. Les simulateurs de référence tiennent compte des charges sociales actuelles, des obligations de la convention collective et parfois de paramètres perfectionnés comme les frais professionnels, la mutuelle ou les titres-restaurant. Certains sites spécialisés expliquent également le cadre légal, pour mieux interpréter les résultats obtenus.

Le paramétrage d’un simulateur : frais de mission, mutuelle, tickets-restaurant

Les simulateurs actuels permettent d’indiquer le montant mensuel estimé des frais refacturables et des frais de fonctionnement non refacturables, ainsi que le choix et le coût des mutuelles et prévoyance. La mise en place éventuelle de titres-restaurant ou d’un plan d’épargne salariale peut également être incluse. Tous ces éléments influencent la base disponible pour financer le salaire net final, et certains avantages exonérés de charges augmentent le pouvoir d’achat sans alourdir le coût global employeur.

Identifier les hypothèses cachées : taux de charges, jours non facturés, congés payés

Chaque simulateur s’appuie sur des hypothèses implicites qu’il est indispensable d’identifier. Il peut s’agir du taux moyen de charges sociales, de la prise en compte ou non de la réserve financière, ou encore du nombre de jours facturables par an. Une estimation trop élevée peut surévaluer le salaire net. Il convient également de vérifier si le simulateur inclut les congés payés, les primes de précarité ou la réserve financière, car leur inclusion ou exclusion modifie sensiblement le résultat.

Vérifier la cohérence des résultats avec un tableur

Pour plus de transparence et de confiance, il est conseillé de reproduire la logique de calcul dans un simple tableur. Une structure de base avec le chiffre d’affaires, les frais de gestion, les frais professionnels, le coût global employeur et le salaire net permet d’ajuster les coefficients et de tester différents scénarios. Cette méthode aide à comparer plusieurs sociétés de portage et à simuler diverses conditions d’activité, en s’assurant que les résultats fournis par le simulateur sont cohérents avec vos hypothèses.

Comparer son salaire net en portage salarial avec son salaire actuel en CDI

Comparer son salaire net actuel avec le salaire potentiellement obtenu en portage permet d’anticiper les conséquences financières de la transition, de déterminer un TJM cohérent et de planifier ses besoins en trésorerie. Cette analyse doit prendre en compte le montant net mensuel, mais aussi le coût complet employeur, les avantages en nature, les périodes de congés et la variation d’activité tout au long de l’année.

L’analyse du coût complet employeur et le chiffre d’affaires en portage

Pour comparer portage salarial et CDI de manière réaliste, raisonnez en coût complet. Dans un CDI, le coût employeur inclut le salaire brut, les charges patronales et parfois certains avantages comme la mutuelle ou la retraite supplémentaire. En portage salarial, ce coût complet doit être couvert par votre chiffre d’affaires.

Un salarié percevant un certain montant net a un coût total important pour l’employeur. Pour atteindre un niveau de vie comparable en portage salarial, le chiffre d’affaires mensuel doit être suffisant après déduction des frais de gestion et des frais professionnels. Ainsi, vous pouvez vérifier si votre TJM et le marché ciblé permettent d’atteindre un niveau de revenu suffisant.

Le simulation de scénarios selon le volume de missions

La vie d’indépendant n’est pas linéaire, et le salaire net peut varier selon le rythme d’activité. Il est donc utile d’anticiper différentes situations, d’une période très chargée à une activité plus modérée, voire à un creux temporaire. En appliquant les mêmes frais de gestion et charges, ces variations permettent d’estimer plusieurs niveaux de salaire net et d’évaluer si votre budget personnel reste soutenable, en déterminant le niveau d’épargne de précaution nécessaire pour lisser les fluctuations de revenus.

La prise en compte des avantages en nature dans la comparaison

Le salaire net mensuel ne suffit pas pour comparer CDI et portage. Les avantages tels que 13e mois, primes d’objectifs, intéressement, participation, RTT, comité d’entreprise ou mutuelle avantageuse peuvent être une part notable du revenu.

Dans la simulation, il est pertinent de convertir la valeur annuelle de ces avantages en équivalent net pour définir votre cible de salaire en portage. Cette évaluation est indispensable si vous devez conserver un niveau de vie stable, notamment en cas d’engagements financiers importants.

La projection annuelle : variation de trésorerie et capacité d’épargne

En plus de la comparaison mensuelle, analysez la trajectoire sur 12 mois : revenus totaux, périodes de congés ou de creux, et capacité d’épargne. Cette vision permet de lisser les aléas et d’évaluer l’effet réel de la transition sur votre situation financière.

Bien géré, le portage salarial peut permettre d’augmenter le revenu annuel brut par rapport au salaire initial en CDI, compensant la perte éventuelle de certains avantages. Cela suppose toutefois de maîtriser le TJM, de sécuriser un nombre minimum de jours facturables et d’utiliser les moyens disponibles comme les frais professionnels, l’épargne salariale et la structure de rémunération.

Anticiper la transition : paramétrer sa simulation de salaire net avant de quitter le salariat classique

Déterminer un TJM plancher consiste à partir du salaire net mensuel souhaité et à remonter vers le chiffre d’affaires nécessaire, puis vers un tarif journalier minimal. Il faut ensuite confronter ce TJM aux tarifs pratiqués sur le marché pour votre profil et votre spécialité. Si le marché ne permet pas d’atteindre ce prix de manière régulière, il peut être nécessaire d’ajuster vos objectifs de salaire net, d’augmenter votre valeur perçue via des spécialisations ou certifications, ou de reconsidérer le timing de votre passage en portage salarial.

Comme pour tout projet entrepreneurial, prévoyez un fonds de sécurité. Celui-ci se base sur vos dépenses incompressibles telles que le logement, l’alimentation, les crédits et les assurances, plutôt que sur votre salaire actuel. La taille de ce matelas dépend de votre secteur d’activité, de la régularité des missions et de vos charges fixes. Cette anticipation permet de planifier la date de départ du CDI avec plus de sérénité et de mieux gérer les premiers mois de transition.

Le portage salarial permet également d’améliorer la structure de votre rémunération. En plus du salaire mensuel de base, il est possible de jouer sur les frais professionnels déductibles, de mettre en place des dispositifs d’épargne salariale avec abondement, ou encore de réallouer une partie du chiffre d’affaires vers des primes et avantages sociaux. Structurer judicieusement vos frais et dispositifs d’épargne améliore la conversion de votre chiffre d’affaires en pouvoir d’achat réel et doit être pris en compte dans vos simulations pour obtenir une vision fidèle de votre net disponible.

Enfin, il est souvent pertinent de prévoir une période de chevauchement entre votre CDI et vos premières missions en portage. Cette phase permet de tester le marché, de valider votre TJM et de vérifier que les simulations de salaire net correspondent à la réalité. Selon les situations, elle peut prendre la forme d’un temps partiel dans le CDI, d’un congé de création d’entreprise ou simplement d’une préparation commerciale en parallèle. L’objectif est d’aborder la transition avec au moins une première mission sécurisée et une vision claire de votre future rémunération, en évoluant dans le cadre d’une forme d’emploi qui combine travailleur indépendant et salariat.